BMed1-2

La première année est déconcertante pour de nombreux étudiants. Les disciplines qui y sont enseignées (physique, chimie) paraissent très lointaines du véritable métier de médecin. Depuis 2004, les cours ont beaucoup évolué dans le cadre de la réforme des études de médecine à Lausanne. C’est ainsi que le nombre d’heures de sciences théoriques de base a diminué et tout est fait pour que l’étudiant puisse comprendre l’application médicale des concepts qu’il étudie. Des branches comme la physiologie, l’embryologie ou l’anatomie et ses travaux pratiques en salle de dissection, permettent l’introduction de plusieurs pathologies. Le plongeon dans la médecine peut s’effectuer.

Les cours magistraux ont lieu sur le site de l’Université de Lausanne, quartier Sorge, à l’Amphimax.

En quoi consiste la première année ?

Les informations suivantes sont extraites des Cahiers de module téléchargeables à cette adresse.

B1.1 Matière

Ce premier module de sciences fondamentales établit les bases absolument indispensables pour comprendre les processus de la vie au niveau de la molécule, de la cellule, de l’organe et de l’organisme qui seront enseignés dans les modules ultérieurs. En outre, il permet d’aborder les mécanismes qui régissent les échanges avec l’environnement.

Chimie organique

Comprendre les bases chimiques qui gouvernent le vivant comme la matière et dont résultent les réactions biochimiques et l’action des substances biologiquement actives dont les médicaments. Les aspects fondamentaux pour notre quotidien seront aussi abordés. Etablir le lien entre une réactivité observée au laboratoire et celle mise en œuvre par la nature. Inculquer un langage scientifique commun entre scientifiques actifs dans le domaine du vivant illustrant l’interdisciplinarité du monde moléculaire. Le cours abordera également l’évolution de certains médicaments modernes.

Chimie générale

Inculquer à l’étudiant(e) les notions élémentaires de chimie qui lui seront nécessaires pour comprendre les phénomènes essentiels de la Vie et l’impact de la chimie sur les technologies modernes qui régissent l’activité humaine. Parmi les phénomènes dont la compréhension est visée, on peut mentionner la respiration, l’activité cellulaire, ainsi que les contraintes chimiques associées au développement de composés pour le diagnostic médical. Le cours insiste sur l’interdisciplinarité nécessaire entre physique, chimie et biologie, sous-tendue par une interprétation rigoureuse, donc mathématique, des phénomènes naturels. Les 7 séries d’exercices sous-tendent l’enseignement théorique et sont une préparation à l’examen.

Physique

L’étudiant(e) tirera un double avantage de l’étude de la physique. Il(elle) acquerra une compréhension des lois fondamentales qui régissent l’univers, de l’échelle atomique à l’échelle cosmique, et beaucoup de ce qu’il(elle) apprendra lui sera également utile dans son activité de médecin. L’étude de la physique en tant que science fondamentale n’est pas des plus faciles, mais nous pensons qu’elle est profitable, en particulier pour l’étudiant(e) qui envisage une formation approfondie dans les sciences connexes. (Extrait du prologue du livre J. Kane et M. Sternheim « Physique »). Ce cours a donc pour objectif de décrire et de comprendre quelques aspects fondamentaux des lois générales du mouvement, de l’électricité et du magnétisme.

Les travaux dirigés (TD) consistent en des simulations sur ordinateur personnel qui permettent aux étudiant(e)s de mieux se familiariser avec les concepts du cours. Ces séances ont également pour but de sensibiliser les étudiant(e)s à la Physique.

B1.2 Cellule

La cellule est l’unité structurelle et fonctionnelle de base de tous les organismes vivants (organismes unicellulaires ou multicellulaires). Comme telle, la cellule est la plus petite unité qui soit capable de montrer des caractéristiques de vie, telles que la croissance et la reproduction, le métabolisme et la réponse à des stimuli externes.

Ce module est conçu pour les études du 1er cycle; il se base sur les connaissances acquises lors des études secondaires et du premier module. L’enseignement de disciplines fondamentales, comme la biochimie, la biologie cellulaire et l’histologie permettra de comprendre, de manière générale, l’organisation et la fonction de la cellule en soi et comme étant intégrée dans un tissu et durant le développement, et aussi les principaux composants biochimiques et processus cellulaires sur lesquels reposent ces fonctions.

B1.3 Développement

Un organisme adulte est constitué de nombreux types cellulaires différenciés qui sont groupés en organes qui remplissent des fonctions physiologiques complexes. Chaque individu est issu d’un œuf fécondé, le zygote. Cette cellule, par divisions et différenciations successives, produit à la fin du développement embryonnaire un organisme doté de toutes les fonctions nécessaires à la vie dans son environnement. Cette évolution progressive de la fécondation à la naissance met en jeu de nombreux mécanismes au niveau génétique, moléculaire et cellulaire qui assurent un développement harmonieux d’un organisme.

Le développement embryonnaire met en œuvre des processus biologiques complexes pour assurer qu’à partir d’une cellule unique, plusieurs types cellulaires soient formés (la différenciation cellulaire), que ces cellules forment des organes structurés (la morphogénèse), que la taille des différentes parties du corps soit proportionnée (la régulation de la croissance), que des cellules spécialisées assurent la perpétuation de l’espèce (la reproduction), et que la perpétuation des caractères morphologiques et fonctionnels, et leur modification au cours du temps, assurent les meilleurs chances de survie de l’espèce (l’évolution).

Ce module fait la transition entre l’étude des caractéristiques de la structure et la fonction cellulaire et des différents types cellulaires constituants le tissu des mammifères et de l’homme (module 1.2) et l’étude au niveau d’un organisme adulte des caractéristiques morphologiques et fonctionnels d’un système (module 1.4, le système locomoteur). Il traitera des régulations moléculaires et génétiques qui déterminent l’expression des gènes (cours de génétique générale et moléculaire), des principes généraux de la biologie du développement qui décrivent les mécanismes du développement embryonnaire (cours de biologie animale) et de la description des étapes initiales du développement de l’embryon humain (cours d’embryologie humaine).

Ce programme est complété par deux cours parallèles traitant des méthodes physiques appliquées à l’imagerie du corps humain (cours d’introduction à la radiophysique médicale), et des principes physiologiques fondamentaux du fonctionnement au niveau de la cellule et des organes (cours de physiologie). Finalement le programme de ce module est complété par des séances de travail en petits groupes dans une salle multimédia avec des tuteurs pour approfondir l’étude du développement embryologique humain introduit pendant le cours.

En fin de module, une introduction à l’enseignement pratique de l’anatomie en particulier l’usage des cadavres et des pièces anatomiques sera présenté en deux étapes. Un contexte historique et éthique sera présenté par un enseignement des sciences humaines. Ensuite, une explication sur la source et préparation des corps pour l’anatomie donnée en auditoire sera suivie d’une visite guidée de la salle de dissection. Cette introduction précède le module 1.4 consacré à l’étude du système locomoteur, qui comprend plusieurs séances d’étude de pièces anatomiques des membres et du cou et dos.

B1.4 Système locomoteur

Après l’étude du vivant au niveau de la structure cellulaire (module B1.2), du développement et de la différentiation des tissus et des organes (module B1.3), ce module sert d’introduction à l’anatomie et présente la complexité d’un ensemble d’organes regroupés dans un ensemble fonctionnel (un système) avec comme exemple celui du Système Locomoteur. Ce dernier est composé d’os, d’articulations et de muscles, qui sont essentiels aux mouvements multiples du corps humain.

Dans ce module, nous montrons la diversité des os, la complexité des articulations ainsi que le rôle des muscles pour les mouvements. Le système locomoteur dépend étroitement d’autres systèmes comme le système nerveux pour le contrôle moteur et pour la coordination des mouvements complexes. Les bases neurobiologiques nécessaires à la compréhension du système nerveux et de son lien avec le système locomoteur sont décrites. Au plan physiologique, la transmission synaptique entre les neurones et le contrôle nerveux de la contraction musculaire squelettique sont abordés au niveau cellulaire. En outre, les mécanismes responsables de la production et de la régulation de la force dans différents types de muscles sont étudiés aux niveaux cellulaire et moléculaire. Les lois fondamentales de la biomécanique sont traitées dans les cours de physique appliquée.

Ce module traitera les os, les articulations et les muscles et les principes généraux de la fonction musculaire anatomique, physiologique et biomécanique ainsi que les étapes du développement des membres. La première approche de la topographie anatomique du système locomoteur est approfondie par des cours d’auto-apprentissage en salle de dissection sur des pièces anatomiques du membre supérieur, de la colonne vertébrale et de la moelle épinière, et du membre inférieur.

B1.5 Médecine, individu, communauté, société

Le programme d’enseignement Médecine : Individu-Communauté-Société (MICS) se déroule sur quatre ans et couvre les modules B1.5, B2.7, B3.6, B3.7 et M1.7.

Ce programme rassemble les enseignements de santé publique, de médecine communautaire et de sciences humaines et sociales (SHS) en médecine, complété par des concepts de base de la statistique appliquée aux branches biomédicales (cours de statistique et d’épidémiologie). Ils constituent un complément nécessaire aux enseignements biomédicaux qui se structurent essentiellement par pathologie selon les organes, l’âge, le sexe de la personne ou selon des formes spécifiques de diagnostic et de thérapie.

Il s’agit d’étudier comment nos valeurs et nos comportements, notre environnement social et physique, ont un effet majeur sur la santé, la maladie, ainsi que sur l’exercice de la médecine. Les modules MICS s’organisent ainsi autour d’une conception de l’être humain en tant qu’individu appartenant à une ou plusieurs communautés et vivant en société.

Aujourd’hui, la formation aux dimensions sociales, communautaires et contextuelles de la médecine est plus que jamais nécessaire face aux transformations des relations entre médecine et société. Ces transformations sont liées à une pluralité de facteurs: le développement de technologies biomédicales nécessitant de reconsidérer leurs implications humaines et sociales; la prise en compte de la diversité culturelle, sociale et économique des individus au cœur des pratiques de soins ; l’évolution du contexte politique et juridique de la pratique médicale, pour ne citer que les principaux.

La place accordée aux dimensions humaines et sociales de la médecine est le fruit des efforts conjoints des médecins généralistes et des représentants de nouvelles spécialités médicales comme la médecine psychosociale, la médecine sociale et préventive, la médecine communautaire, mais aussi la santé publique ou les soins palliatifs. C’est dans le même esprit également que sont créées aujourd’hui des plateformes multidisciplinaires centrées sur la prise en charge de populations spécifiques telles que les personnes âgées, les migrants ou les populations vulnérables par exemple.

L‘importance des liens entre médecine et société a aussi favorisé le développement de secteurs de sciences humaines spécifiquement centrés sur les problématiques de la médecine, des soins et de la santé: anthropologie médicale; histoire, sociologie et philosophie de la médecine ; droit et économie de la santé ; éthique biomédicale, etc. Ces disciplines proposent des approches transverses de thématiques centrales de la médecine contemporaine.

Les enseignements MICS présentent également les enjeux majeurs de la santé publique, c’est à dire comprendre et prévenir les grands problèmes de santé au niveau de la population. Les étudiants auront l’occasion, à plusieurs reprises, de rencontrer des médecins de premier recours qui assurent le premier contact entre un individu souffrant et le système de santé.

Ces enseignements permettront d’acquérir une connaissance des cadres et des contextes de l’exercice de la médecine. Ils visent à développer une attitude réflexive nécessaire aux différents niveaux d’intervention médicale : prévention, diagnostic, traitement et suivi.

Les enseignants du programme MICS sont persuadés que les étudiants en médecine auront de l’intérêt et du plaisir à partager avec eux leur expérience de médecins et de spécialistes des sciences humaines et sociales en médecine qui sont au cœur de ce programme.

Comment travailler en première année ?

De manière générale, il s’agit de regarder dans les livres pour compléter les cours et non pas de tout apprendre dans les livres. Rappelez-vous que l’examen porte avant tout sur ce qui a été vu ou dit au cours, et rien d’autre ne vous sera demandé. Il est important que chacun trouve sa méthode personnelle de travail qui lui permette d’être le plus efficace à l’examen, sans être perturbé par les approches différentes qu’ont les autres étudiants.

Pensez également à vous, à votre santé et à votre vie sociale, car même si le travail à fournir est important, il faut continuer à vivre… et à venir aux soirées organisées par l’AEML !

Stage propédeutique

Aussi appelé « stage de soins aux malades » ou « stage de soins infirmiers ». C’est un stage d’une durée d’un mois qui doit être accompli avant l’entrée en 2e année (ou en s’engageant par écrit à l’accomplir avant l’entrée en 3e année) où l’étudiant fonctionne comme aide-soignant. Certaines personnes choisissent de faire ce stage avant même l’entrée en médecine.

Toutes les informations (liste des hôpitaux reconnus, règlement et formulaire) figurent sur le site de l’Ecole de médecine.