L’écueil du premier examen passé, le plus dur reste à faire. Bien que la sélection soit moins impressionnante en 2e année, la charge de travail est plus grande, nécessitant un investissement personnel non négligeable. Il n’est, cette année, plus possible de se reposer sur de vieilles connaissances du gymnase, car chaque sujet est nouveau.

Les cours magistraux ont lieu sur le site du CHUV, à l’auditoire César Roux.

En quoi consiste la deuxième année ?

Les informations suivantes sont extraites des Cahiers de module téléchargeables à cette adresse.

B2.1 Cellule, organe, système

Le corps est composé de 7,5×1013 cellules qui ne sont pas toutes uniques: en bonne partie, elles s’organisent sous forme d’organes. Ceci présuppose un système qui intègre la régulation du fonctionnement des cellules individuelles. Par ailleurs, les organes ont des fonctions vitales dont l’intégration fonctionnelle est essentielle pour que l’organisme fonctionne correctement. Ce module fournit des réponses aux questions principales concernant ces systèmes de régulation inter-cellulaires et inter-organes.

Les systèmes de régulation comprennent la régulation hormonale et la régulation nerveuse. Les questions essentielles sont: quels sont les organes qui produisent les hormones, comment la libération de ces hormones est-elle régulée et de quels mécanismes la cellule dispose-t-elle pour répondre à un signal hormonal? L’hypothyroïdie et l’acromégalie permettront de montrer l’impact d’une pathologie dans un système de régulation hormonale sur le fonctionnement d’un autre organe ou de tout l’organisme.

La pathologie intervient également au niveau de la cellule. Que se passe-t-il si une hormone stimule trop une cellule? En quoi est-ce qu’une anomalie de la régulation du cycle cellulaire perturbe l’homéostasie tissulaire? Quelles agressions perturbent la cellule? Dans ce contexte, nous nous adressons à la radiobiologie et aux produits chimiques toxiques (comme l’alcool ou la fumée) qui menacent la cellule.

Finalement, des questions concernant les possibilités d’intervenir dans ces pathologies par voies pharmacologiques seront adressées.

B2.2 Sang, immunité, infection

Le monde microbien a forcé les eucaryotes à développer un système immunitaire sophistiqué pour permettre la survie sous l’attaque des pathogènes qui peuvent s’adapter contre cette défense. Le système immunitaire est non seulement puissant, mais encore capable de distinguer les intrus de l’organisme auquel il appartient. Le prix à payer pour cette arme efficace est le danger intrinsèque qu’elle comporte et qui peut se manifester par des inflammations, de l’auto-immunité, des allergies ou par le rejet de transplants, pour ne citer que quelques exemples. Dans ce cours, la connaissance des composants du sang et du système immunitaire est illustrée dans des situations physiologiques et pathologiques. En plus les notions du monde microbien et de son interaction avec le système immunitaire sont traitées, ainsi que les notions de base sur les maladies causées par certains microbes. Ce module présentera aussi les bases du diagnostic microbiologique médical.

La relation et la coordination des fonctions immunitaires entre les divers organes de notre corps sont essentiellement véhiculées par le sang. Ces fonctions sont portées par le plasma et les éléments figurés qui circulent dans le sang. Ces derniers sont fabriqués dans la moelle hématopoïétique, et leurs anomalies peuvent refléter soit un défaut intrinsèque au système, soit une réaction du système hématopoïétique face à une agression. Ce système liquide a le désavantage de pouvoir sortir de son contenu naturel, l’arbre vasculaire, lorsque ce dernier est lésé. Pour parer à cette complication le plasma contient des protéines coagulantes qui entrent en action lorsque nécessaire.

Ce module comprend, en plus des notions du monde microbien et de son interaction avec le système immunitaire, une introduction aux mécanismes de l’inflammation et de la réparation tissulaire ainsi qu’aux mécanismes qui sont à l’origine de la carcinogenèse. Ces derniers éléments s’inscrivent dans le domaine de la pathologie générale.

Outre les connaissances théoriques données lors des cours ou des APP, les travaux pratiques permettront d’illustrer certains concepts théoriques, les vignettes cliniques donneront la possibilité, à partir de situations concrètes, d’utiliser les notions théoriques dans un raisonnement clinique.

B2.3 Neurosciences

Le troisième module de la deuxième année s’attache à l’étude du système nerveux central, du crâne, et de deux organes sensoriels – l’œil et l’oreille interne.

En considérant la nature complexe du système nerveux central, autant dans sa structure que dans sa fonction, nous proposons aux étudiants, comme première étape, une introduction à sa morphologie. Les principes d’organisation du cerveau seront introduits en embryologie, en morphologie et en imagerie médicale. Ceci formera la base pour l’analyse d’un nombre de systèmes fonctionnels : le système somato-sensoriel (y compris la douleur), le système moteur, les systèmes visuel, auditif et vestibulaire.

L’étude du système nerveux est complétée par l’enseignement des principes de base de la neuropharmacologie et son application dans le traitement de maladies qui affectent le système moteur qui à leur tour seront introduites par la neurologie.

Ce module permettra d’étudier le cerveau dans son enveloppe naturelle, la tête. En supplément aux cours, les étudiants seront guidés pendant les travaux pratiques d’anatomie par leurs confrères/sœurs ainé(e)s dans l’exploration approfondie de la morphologie du crâne et de l’orbite.

En plus des approches pédagogiques auxquelles les étudiants sont habitués (cours, travaux pratiques, apprentissage par problème (APP) et auto-apprentissage), deux modalités s’ajoutent à cette gamme de base. L’embryologie du système nerveux sera enseignée en s’appuyant sur l’exploration guidée d’une plate-forme multimédia (Webembryology). L’autre modalité est une fusion entre les travaux pratiques de la physiologie du système nerveux avec les skills de neurologie, ophtalmologie et ORL. Les TP/skills permettent aux étudiants de faire l’intégration entre le fonctionnement du système nerveux/organes sensorielles et les gestes des investigations médicales de base sous la supervision de cliniciens expérimentés.

B2.4 Systèmes cardio-vasculaire et respiratoire

L’ensemble des cellules qui constituent l’organisme nécessite de l’énergie. Cette énergie est fournie par l’oxydation de substrats énergétiques au cours de la respiration cellulaire, laquelle consomme de l’énergie et de l’oxygène et libère du CO2. Chaque cellule a donc besoin d’un apport constant en substrats énergétiques (voir module B2.5) et en oxygène. Par ailleurs, le CO2 produit doit être éliminé pour éviter une accumulation dans l’organisme.

Le but de ce module est d’aborder les systèmes impliqués dans les échanges gazeux (et de substrats énergétiques). Les échanges font intervenir un « échangeur » de gaz avec le milieu ambiant (poumons), un système de transport des gaz (sang) et une pompe (cœur) permettant de mouvoir le sang des poumons aux organes (artères) et des artères aux poumons (veines). Les échanges gazeux variant en fonction de l’état physiologique (augmentation de la consommation d’oxygène pendant l’exercice ou lors de fièvre par exemple), ces différents intervenants font l’objet de régulations.

Au cours de ce module seront abordées successivement ou en parallèle :

  • l’anatomie macro- et microscopique du cœur, des vaisseaux et de l’appareil respiratoire
  • la physiologie de la circulation et de la respiration
  • les régulations intervenant dans diverses situations physiologiques (exercice, altitude)
  • les grandes lignes de certaines pathologies touchant les systèmes cardiovasculaire et respiratoire et de certains moyens pharmacologiques à disposition pour y remédier
  • les bases de l’anamnèse, de l’examen physique et des explorations fonctionnelles de ces systèmes.

B2.5 Digestion et métabolisme

Un apport nutritionnel adéquat est essentiel au bon fonctionnement de notre organisme. Des carences ou excès dans l’apport de certains nutriments sont à l’origine de plusieurs maladies aigues ou chroniques. Les organes du système digestif permettent de transformer la nourriture que nous ingérons en molécules simples qui peuvent être absorbées dans la circulation sanguine et redistribuées dans l’organisme. Le système digestif est aussi responsable de l’absorption des médicaments qui sont administrés par voie orale. Il assure également l’élimination des résidus non digestibles, de produits de dégradation du métabolisme et de certains médicaments. Une partie de la nourriture que nous absorbons sert à l’élaboration d’éléments structuraux des cellules et au remplacement de molécules utilisées. Toutefois la majeure partie des aliments est utilisée comme source d’énergie nécessaire à l’activité des cellules et au fonctionnement de l’organisme. Selon les besoins de l’organisme les nutriments absorbés sont utilisés comme source immédiate d’énergie ou bien stockés sous forme de glycogène ou de graisses. Les voies métaboliques qui déterminent la destinée de chacune des molécules absorbées sont régulées par plusieurs hormones qui assurent une utilisation adéquate des ressources énergétiques.

Dans un premier temps ce module permettra de comprendre la structure et le fonctionnement normal des différents organes du système digestif. Ceci nécessite des connaissances générales d’anatomie, d’histologie et de physiologie. Ensuite seront décrites les voies métaboliques qui permettent de transformer les aliments absorbés par le tube digestif en molécules destinées à la production ou au stockage de l’énergie. La compréhension de ces phénomènes et de leur régulation implique des connaissances approfondies de biochimie et de physiologie. Les notions de bases concernant le fonctionnement normal de l’organisme seront utilisées pour aborder des exemples de manifestations cliniques liées à des perturbations de l’activité du système digestif ou à une dérégulation du métabolisme. De nombreux médicaments sont également métabolisés dans le tube digestif ou le foie et la compréhension des mécanismes responsables de ce métabolisme est essentielle au bon usage de ces médicaments.

Une série de travaux pratiques de morphologie et biochimie illustreront les concepts théoriques enseignés lors des cours et APP et permettront de se familiariser avec quelques unes des manifestations cliniques liées à un dysfonctionnement du système digestif et à des troubles métaboliques.

B2.6 Système urogénital et homéostasie

Au cours de l’évolution, le passage de la vie aquatique à la vie terrestre a nécessité la mise en place de mécanismes d’adaptation essentiels pour la survie des espèces terrestres. Un des défis majeurs a é t é de retenir l’eau et les électrolytes de l’organisme tout en maintenant constante la composition du milieu extracellulaire. Les reins jouent un rôle essentiel dans la régulation et le maintien de la composition du liquide extracellulaire de l’organisme (homéostasie hydro-électrolytique), en adaptant strictement l’élimination rénale de l’eau et des électrolytes aux apports quotidiens. Le rein a également une fonction endocrine. Finalement les reins jouent également un rôle important dans la régulation de l’élimination des produits de dégradation du métabolisme ou de l’élimination des médicaments ou toxiques. Ces fonctions rénales s’intègrent de manière plus générale dans le contrôle de l’homéostasie interne, contrôle auquel différentes hormones notamment hypophysaires, surrénaliennes, gonadiques, et aussi rénales participent de manière primordiale.

Ce module permettra aux étudiants de comprendre les phénomènes physiologiques et pathophysiologiques impliqués dans l’homéostasie du milieu intérieur de l’organisme. La compréhension de ces phénomènes nécessite des connaissances générales d’anatomie, de physiologie cellulaire et moléculaire, de biochimie. Les dysfonctionnements dans le maintien du volume extracellulaire et leurs conséquences sur l’organisme seront abordés, afin d’illustrer les relations et les interactions existant entre le rein et les systèmes cardiovasculaire ou endocrinien.

Le deuxième volet de ce module touchera le système urogénital et l’endocrinologie de la reproduction. Les enseignements conjoints en morphologie, physiologie et endocrinologie permettront aux étudiants de se familiariser avec le développement, la structure et le fonctionnement des organes de la reproduction. En anatomie, les étudiants auront l’occasion de comparer la topographie du bassin féminin et masculin. Ces connaissances seront ensuite utilisées pour introduire l’imagerie médicale permettant la visualisation de cette région du corps humain chez les patients. Le fonctionnement et la régulation de l’appareil reproducteur seront décrits en endocrinologie avec quelques pathologies endocriniennes pour illustrer ces mécanismes de régulation intégrative. Dans ce domaine, la pharmacologie traitera des médicaments contraceptifs. La pathologie examinera le col utérin pour introduire deux concepts de médecine : la métaplasie et son dépistage précoce.

Outre les connaissances théoriques données lors des cours ou d’APP, les travaux pratiques permettront d’illustrer les concepts théoriques. Des vignettes cliniques donneront la possibilité aux étudiants d’utiliser les notions théoriques dans un raisonnement clinique, à partir des situations concrètes.

B2.7 Médecine, individu, communauté, société

Le module B2.7 est un module longitudinal composé d’une visite au cabinet médical d’un médecin généraliste et d’une visite dans un centre médico-social (CMS).

B2.8 Compétences cliniques (skills)

Au cours du module des compétences cliniques, l’étudiant sera initié à la façon d’accueillir le patient et de le mettre à l’aise.

En ce qui concerne le savoir-faire, ce module reprend le pourquoi et le comment du premier contact entre le médecin et son patient. Il développe des concepts de base suivants :

  • savoir ce qu’est une anamnèse,
  • mener une anamnèse en tenant compte du rythme et de la formulation des questions, ainsi que de la plainte à explorer,
  • aborder l’examen physique du patient,
  • apprendre certains gestes de l’examen clinique.

Cet enseignement aborde également la dimension du savoir-être, par l’intermédiaire de la pratique de l’anamnèse et de rencontres en groupe avec des patients standardisés.