Vous venez de passer votre 2e propédeutique et vous commencez à entrevoir qu’un jour vous serez médecin. Vous entrez maintenant dans le vif du sujet. Plein de choses sont nouvelles; les enseignantes sont presque tous médecins, vous pouvez enfin reprendre une vie normale, tout le monde est plus détendu, vous croyez avoir toutes les pathologies que vous voyez en cours, les barèmes d’examens sont tellement bas, etc.

Bienvenue en 3e année !

Le style d’enseignement change aussi, finies les crampes de poignet, le polycopié suffit souvent largement et est imprimé, dans certains modules plus que d’autres. Si vous venez au cours, vous pouvez apprendre à écouter et participer activement. Avec la 3e année vous découvrez le monde des enseignements au lit du malade (ELM), où vous comprenez à quoi servent vos cours.

Tout est beau dans le plus merveilleux des mondes !

Les cours magistraux ont lieu dans l’auditoire Demiéville à l’ancienne policlinique médicale de Lausanne, Rue Dr César-Roux 19.

En quoi consiste la troisième année ?

Les informations suivantes sont extraites des Cahiers de module téléchargeables à cette adresse.

B3.1 Coeur – poumons

  1. La dyspnée aiguë peut se rencontrer dans des situations qui peuvent mettre en danger la vie du malade et relève souvent d’une affection qui peut être diagnostiquée et corrigée.
  2. La dyspnée chronique est une cause importante d’incapacité. Elle est généralement associée à une maladie pulmonaire ou une insuffisance cardiaque.
  3. La cyanose est un signe clinique important qui peut être associé à une grande variété d’affections, y compris des atteintes cardio-pulmonaires graves.
  4. La douleur thoracique aiguë: plusieurs maladies graves peuvent se manifester par une douleur thoracique aiguë. La précocité du diagnostic et la mise en route rapide d’un traitement approprié sont capitales pour sauver la vie des malades.
  5. La douleur thoracique d’origine extracardiaque et extrapulmonaire: la douleur thoracique est fréquente et souvent très inquiétante pour le malade qui craint une atteinte cardiaque. Survenant de manière aiguë, récurrente ou ayant un caractère chronique, elle peut avoir un substrat organique, mais être aussi d’origine fonctionnelle.
  6. Les palpitations sont d’observation courante. Elles sont souvent bénignes, mais peuvent témoigner de la présence d’une maladie sous- jacente sérieuse et entraîner des syncopes, voire des arrêts cardiaques.
  7. L’état fébrile: un état fébrile peut accompagner plusieurs affections touchant le cœur et les poumons. Sa présence peut être un élément crucial faisant évoquer précocement le diagnostic d’une infection mettant en danger la vie du malade.
  8. L’hémoptysie est un symptôme important qui signale souvent la présence d’une maladie sous- jacente sérieuse.

B3.2 Douleurs abdominales

Le module « Douleurs abdominales » regroupe l’essentiel de la pathologie générant des symptômes abdominaux. A l’origine de ceux-ci, il s’agit principalement de lésions du tube digestif, de l’œsophage à l’anus. Les organes pleins de la cavité péritonéale (foie, pancréas et rate) et diverses structures rétro-péritonéales peuvent également être en cause. Il en va de même pour la paroi et le diaphragme, ainsi que certains viscères extra-péritonéaux, avant tout thoraciques. Les problèmes traités dans ce module s’intéressent autant aux maladies qu’aux traumatismes de l’adulte.

Au-delà des réalités ci-dessus, ce module veut également mettre l’accent sur l’approche pluridisciplinaire fréquemment requise par les douleurs abdominales. S’appuyant partiellement sur des notions enseignées par d’autres, les thèmes traités seront, autant que possible, présentés de manière pratique afin de démontrer concrètement cette réalité.

Les sous-spécialités prennent une importance croissante dans l’ensemble de la médecine en général. Leur place dans l’enseignement pré-gradué demeure toutefois modeste, tenant compte des objectifs du « Catalogue Suisse des Objectifs d’Apprentissage ». Même si la majorité des heures de cours aura un profil d’enseignement « ex-cathedra », deux APP consacrés aux saignements digestifs et aux troubles du transit permettront une interactivité entre étudiants et enseignants.

B3.3 Inflammation

Le terme de fièvre choisi initialement comme titre à ce module doit être pris dans une acception très large: en effet, il est à mettre dans le contexte de ce que l’on pourrait nommer inflammation, plus propre à regrouper les différentes matières impliquées dans ledit module, à savoir Immunologie et Microbiologie/Maladies infectieuses.

Suite au module de 2ème année « B2.2 » (Sang, Immunité et Infection), on retrouve dans une démarche logique le regroupement – dans le module B3.3 – des socles Immunologie et Microbiologie/Maladies infectieuses.

La structure du module a donc été élaborée dans le respect des ces proximités physiopathologiques, afin de créer des entités plus globales propres à mieux les décrire et les caractériser.

Par ailleurs, chacun de ces socles peut aussi s’intégrer dans une dimension plus transversale de leur enseignement, visant à développer progressivement les différents aspects de la branche (allant des aspects physiologiques aux manifestations cliniques et thérapeutiques, en passant par les atteintes physiopathologiques). Il est donc utile de préciser le fil conducteur de l’enseignement de chacun de ces socles :

  • Immunologie: l’immunologie de base est donnée dans le cadre du module B2.2 (Sang, Immunité et Infection). En 3ème année, l’enseignement de ce socle va se focaliser d’abord sur les bases physiopathologiques des pathologies immunologiques (au sens large), puis sur les aspects cliniques, biologiques et thérapeutiques de ces affections. Cet enseignement – qui sera détaillé plus loin – a été subdivisé en 5 parties, à savoir : 1) l’allergie, 2) l’auto-immunité, 3) les immunodéficiences, 4) la vaccinologie, et 5) la transplantation.
  • Microbiologie/Maladies infectieuses: l’enseignement de la branche se fait tout au long des années d’études, avec un enseignement de base des mécanismes physiopathologiques liés à l’infection dans le module B2.2. Les objectifs du module B3.3 visent (voir également ci-après) – avant d’aborder des entités nosologiques (module M2.3) – à apporter une meilleure connaissance des micro- organismes, de leur classification, de leurs particularités et de leur virulence, au travers de l’enseignement de la microbiologie. Eléments causals de toute la pathologie infectieuse, les micro-organismes doivent être connus pour mieux comprendre la pathogenèse des maladies infectieuses qu’ils causent. Cependant, pour des raisons de dotation horaire, seule une partie des microorganismes d’importance médicale sont abordés dans les cours. Les autres microorganismes seront mentionnés brièvement et les étudiants renvoyés à leur support de cours à ce sujet. Dès le printemps 2012, un cours à option permettra de compléter cette revue systématique de microbiologie/maladies infectieuses. Il présentera aussi une série de séminaires sur des concepts importants dans ce domaine.

B3.4 Fonctions supérieures du système nerveux

Ce module vise à présenter, dans une perspective qui intègre diverses disciplines, les grandes fonctions supérieures et certains aspects des fonctions sensorielles et motrices qui dépendent du système nerveux central, ainsi que certaines des pathologies majeures de ces fonctions. Ce module mêle donc des enseignements de neuroanatomie, neurophysiologie, neuropsychologie, neuroréhabilitation, neurologie, neurochirurgie, neuroradiologie et de psychiatrie. Les grandes fonctions évoquées sont la conscience, le mouvement, les rythmes biologiques, la perception, la mémoire, les émotions, la motivation, le comportement, le langage et la pensée.

Les disciplines intéressées à ce module ne s’inscrivent cependant pas toutes de la même façon dans le cours longitudinal des études de médecine.

  • Neurosciences fondamentales: dans le cadre du module B2.3 (Neurosciences), les étudiants ont été familiarisés avec la structure du système nerveux central et deux systèmes fonctionnels ont été présentés : somato-sensoriel et moteur. En 3ème année, ces disciplines sont appelées pour soutenir la compréhension des troubles cognitifs du système nerveux central et les perturbations émotionnelles, comportementales ou douloureuses.
  • Neuropsychologie et neuroréhabilitation: à partir des connaissances acquises en neurosciences fondamentales, cette partie présente les bases neuronales des fonctions supérieures (perception, conscience, langage, attention, mémoire, comportement, etc.) et de leurs perturbations suite aux atteintes cérébrales. Elle développe également les concepts de la plasticité neuronale chez l’adulte ainsi que ceux de la neuroréhabilitation. Cette dernière vise l’amélioration ou le rétablissement du fonctionnement suite à une atteinte du système nerveux. Elle intervient sur les fonctions motrices et cognitives, l’activité et la participation, y compris la qualité de vie et encore sur les facteurs personnels et environnementaux qui influencent le fonctionnement humain. Dans le cadre du module 3.4 l’approche transversale de la réhabilitation de handicaps d’origine neurologique est abordée.L’enseignement de la neuropsychologie et de la neuroréhabilitation se fait essentiellement dans le module B3.4.
  • Neurologie: L’enseignement de la neurologie de 3ème année se fait essentiellement dans le module B3.4., et se base sur un enseignement théorique et pratique décrivant les manifestations cliniques des grands syndromes neurologiques définissant les maladies neurologiques les plus fréquentes. Les connaissances élémentaires enseignées en 2ème année sont rappelées, l’abord et le traitement des maladies spécifiques seront discutés en 5ème année. Bien que les fonctions supérieures soient souvent la cible des troubles neurologiques, ceux-ci sont parfois limités au système nerveux périphérique. C’est pourquoi la sémiologie neurologique “centrale” et “périphérique” sont enseignées ici et étayées par des cours théoriques et des démonstrations de vignettes ; les bases pratiques de l’examen neurologique sont définies au cours des skills. Les risques vitaux que peuvent entraîner les affections neurologiques sont plus particulièrement enseignés durant la 2ème semaine avec l’éclairage additionnel de la neurochirurgie.
  • Neuroradiologie: L’enseignement de la neuroradiologie débute en 1ere année avec les principes physiques de base de l’imagerie radiologique. Il se poursuit en 2ème année dans le cadre du module B2.3 (neurosciences) au cours duquel les étudiants sont familiarisés avec l’usage de l’imagerie morphologique (IRM, CT, US et angiographie) normale comme soutien à l’apprentissage de la configuration interne et externe du cerveau et de sa vascularisation artérielle et veineuse. En 3ème année nous proposons un enseignement plus approfondi des techniques qui permettent d’étudier la morphologie et la fonction du cerveau, ainsi que de la manière de choisir parmi ces techniques la plus adaptée à chaque problème spécifique. Dans un 2ème temps quelques applications au diagnostic de pathologies cliniques sont présentées et les aspects du traitement par des méthodes radiologiques sont finalement abordés.
  • Neurochirurgie: L’enseignement de la neurochirurgie est principalement donné en 3e année par l’intermédiaire du module B3.4. Durant les 3 heures dédiées à la neurochirurgie sont abordées les traumatismes crâniens, l’hypertension intracrânienne, l’hydrocéphalie, et les hémorragies sous arachnoïdiennes. Les pathologies rachidiennes seront abordées dans le Module douleurs articulaires (M1.1) et un cours sur les tumeurs cérébrales sera donné dans le module M2.6 (chirurgie oncologique).
  • Psychiatrie: l’enseignement de la psychiatrie est réparti entre la 3e année Bachelor et les deux première années de Maîtrise, et se complète par un stage obligatoire d’un mois. Globalement, ce module vise à enseigner les grands syndromes psychiatriques et les lignes principales des traitements en psychiatrie. Il commence par une mise en contexte de l’importance des troubles psychiatriques dans le domaine de la santé publique et par des données de base en sémiologie psychiatrique. Il se poursuit par une présentation des principaux syndromes psychiatriques de l’âge adulte ainsi que d’une heure sur les addictions et une heure sur la crise suicidaire. En fin de module seront abordées les questions de traitement, de psychothérapie et la question de l’interaction entre neurosciences et psychiatrie clinique.

B3.5 Croissance et développement

L’amélioration de la santé et du bien être de l’enfant, du prématuré à l’adolescent, nécessite une évolution des thèmes de l’enseignement de la pédiatrie. Comme en médecine interne pour l’adulte, il était nécessaire d’actualiser les objectifs dans notre domaine en fonction des besoins récents et des attentes croissantes de la population, des nouvelles connaissances amenées par les sciences de base et des nouvelles possibilités diagnostiques et thérapeutiques. Ce document est le fruit d’une longue réflexion de la Commission pour l’Enseignement pré-gradué du DMCP. Il tente une démarche logique, prospective, avec une vision longitudinale de l’enseignement. Le BMed 3.5 est consacré essentiellement à la croissance et aux développements normaux dans les domaines staturo-pondéral, pubertaire, squelettique, neurocognitif et psychoaffectif. Le module intègre les aspects de l’alimentation normale de l’enfant à travers les âges et permet d’aborder les grands syndromes pédiatriques : troubles de la croissance et du développement somatique, pubertaire et neurologique, syndromes de malabsorption, l’état fébrile et les principales allergies chez l’enfant. Une coordination efficace avec la radiologie, la pharmacologie et la pathologie a été recherchée.

La pédiatrie comporte de nombreux aspects touchant la médecine et la santé communautaire : enfant et école, enfant et famille, l’obésité avec ses aspects d’épidémiologie (début dans l’enfance, voire in utero !) et sa prévention, les troubles du comportement alimentaire, la santé de l’adolescent en général, l’épidémiologie des accidents d’enfants, etc. Ces éléments seront abordés le mardi matin de la 2e semaine dans le cadre du module MICS B3.7. Les compétences cliniques sont essentielles en pédiatrie, du prématuré à l’adolescent. Le futur médecin-généraliste ou pédiatre doit être capable d’adapter son comportement et ses techniques d’interrogatoire et d’examen à l’âge de l’enfant, les conditions psychosociales et culturelles de sa famille, etc. Ces aspects seront abordés dans le module Skills B3.8 du mercredi de la 4e semaine sous forme d’exercices pratiques, de vidéos, de jeux de rôle, etc.

Les sous-spécialités ont pris une importance croissante en pédiatrie dans les dernières décennies, tant en clinique qu’en recherche. Leur place dans l’enseignement pré-gradué doit toutefois rester modeste, tenant compte des objectifs du Catalogue Suisse des Objectifs d’Apprentissage. Ces différents domaines seront répartis entre ce module et le M1.2 ou intégrés dans les domaines correspondants de médecine interne. Même si la majorité des heures de cours sera consacrée à l’enseignement « ex-cathedra », un APP dédié aux troubles de la croissance a été prévu et permettra une interactivité entre les étudiants et les enseignants.

B3.6 Immersion communautaire

Dans ce module, les étudiants vont mesurer l’importance de l’approche communautaire en médecine. Ils vont confronter leurs connaissances et représentations à la réalité complexe de la pratique médicale. L’approche communautaire d’un problème de santé, selon une démarche scientifique, va leur permettre de porter et de partager un regard critique sur le système de santé. Durant les quatre semaines d’immersion communautaire les étudiants sont acteurs de leurs apprentissages à travers leur travail collectif de recherche.

Le module vise à amener les étudiants à :

  • appréhender une problématique de santé dans une perspective de médecine et santé communautaires,
  • analyser le rôle du praticien dans une perspective communautaire,
  • appliquer une méthodologie scientifique d’investigation d’un problème de santé,
  • communiquer avec le réseau d’acteurs de la communauté, concernés par la problématique,
  • expérimenter l’apport de la formation par les pairs à travers un travail collectif.

Les objectifs d’apprentissage du module se situent donc tant au niveau du problème de santé lui-même que de la méthode d’investigation.

B3.7 Médecine, individu, communauté, société

En 3e année, le programme MICS continue sous la forme d’enseignements regroupés par thème, au sein des divers modules bio-médicaux, centrés sur les grands problèmes de santé publique.

Le contact avec la pratique a de nouveau lieu en fin de 3e année sous la forme d’une immersion communautaire dans le module B3.6. Les étudiants auront l’occasion de mettre en pratique les enseignements MICS de médecine communautaire et de sciences humaines en médecine au moyen d’un travail de terrain sur une thématique de santé qu’ils auront choisies.

B3.8 Compétences cliniques (skills)

A la fin de la troisième année, l’étudiant est capable de :

  1. Mener une anamnèse complète et un examen clinique à partir d’une plainte.
  2. Identifier des signes et symptômes ayant une signification clinique.
  3. Cibler l’anamnèse et le status, en fonction du contexte (signes et symptômes) et du temps à disposition.
  4. Maîtriser les principaux outils communicationnels et les obstacles à la communication.