La deuxième année de Master se pose sur deux axes principaux. Le premier axe est le travail de master, le premier module de l’année (MMed 2.1) lui étant consacré, ainsi que la plupart des après-midi du premier semestre qui sont libres pour donner le temps d’avancer.

L’autre axe consiste en une série de cours très « généraux » où l’on inverse souvent la méthode d’apprentissage usuelle, qui consistait à partir d’une pathologie et d’en décrire les symptômes, à une approche plus clinique, où l’on part d’un symptôme (par exemple : fatigue, vertiges, douleur) pour tenter de trouver un diagnostic différentiel correspondant et un plan de prise en charge.

La 5e année d’étude reprend donc énormément de sujets vus durant les précédentes années (infectiologie, oncologie, pathologie, cardio-pulmonaire, endocrinologie, etc), et permet un rafraîchissement de ces notions tout en les éclairant d’une lumière nouvelle, celui de la clinique appliquée.

La structure des cours change aussi, avec l’introduction des cours ARC (apprentissage au raisonnement clinique) qui réunissent plusieurs enseignants durant une même période (par exemplem : oncologue + radiologue + pathologiste) pour discuter d’un cas clinique. Les cours sont aussi souvent plus interactifs (cours de radiologie et pathologie en petits groupes, cours ex-cathedra avec zapettes).

Cette année, extrêmement courte (elle se termine en avril !), permet donc de se préparer à l’année de stage ainsi que d’avancer au maximum dans l’élaboration de son travail de master. Les cours magistraux ont lieu sur le site du CHUV.

En quoi consiste la cinquième année ?

Les informations suivantes sont en partie extraites des Cahiers de module téléchargeables à cette adresse.

M2.1 Travail de master

Ce module, d’une durée de 3 semaines, laisse beaucoup de temps libre pour avancer dans le travail de master. En effet, avec une moyenne de 3-4 périodes par semaine, on pourrait croire que c’est encore les vacances ! Néanmoins, les cours de pathologie et de radiologie qui sont enseignés, font en fait partie du module M2.8 Habilités cliniques et sont examinés durant l’examen ECOS de fin d’année.

M2.2 Maladies chroniques et complexes

Le module M2.2 dure 4 semaines et comporte 4 sujets majeurs : l’endocrinologie, la psychiatrie, la neurologie et la pharmacologie.

Le fil conducteur de ce module – où sont abordées des pathologies aussi diverses que le diabète sucré, le syndrome métabolique et l’hypercholestérolémie ainsi que certaines affections vasculaires, psychiatriques ou neurologiques – est la maladie chronique.

L’Organisation Mondiale de la Santé définit la maladie chronique comme un problème de santé qui nécessite une prise en charge sur une période de plusieurs années ou plusieurs décennies. Ces pathologies sont donc accessibles à un traitement, ne menant toutefois généralement pas à la guérison. Outre leur durée, elles se caractérisent par l’ampleur de leurs répercussions sur la vie quotidienne des patients et de leur entourage. C’est en ceci qu’elles représentent une charge émotionnelle considérable, évidemment pour les patients qui en souffrent, mais également pour les soignants impliqués dans leur prise en charge.

Dans un premier temps, ce module permet aux étudiants de se familiariser avec la physiopathologie, le diagnostic et la prise en charge d’affections endocriniennes et métaboliques. La compréhension de ces affections nécessite une vision intégrée des régulations hormonales, qu’elles soient d’origine surrénalienne, thyroïdienne ou pancréatique. Les enseignements conjoints en pathologie, en pharmacologie et en radiologie permettent aux étudiants de se familiariser avec tous les aspects diagnostiques et thérapeutiques des pathologies abordées. Concernant l’enseignement de la psychiatrie, sujet déjà abordé en BMed 3 et MMed 1, la deuxième année de master est réservée à l’approfondissement de certaines pathologies complexes, perspective qui intègre psychiatrie de l’enfant et adolescent, psychiatrie de l’adulte et psychiatrie de l’âge avancé.

En ce qui concerne la neurologie, les buts de ce module sont d’intégrer les connaissances acquises en neurologie lors des modules précédents. Il s’agira également d’acquérir les connaissances permettant d’établir un plan thérapeutique. L’attitude thérapeutique face aux syndromes suivants est donnée à l’étudiant : céphalées, épilepsie, parkinsonisme et tremblements, accidents vasculaires cérébraux, maladies neuro-immunitaires.

Ce module l’enseignement la génétique médicale, permettant d’aborder certains aspects pratiques, cliniques et biologiques, éthiques et légaux, de l’exercice de cette spécialité. La connaissance de ces concepts est essentielle, les applications en médecine étant multiples, couvrant un vaste champ de pathologies présentes dès la naissance ou diagnostiquées à l’âge adulte, pour lesquelles les possibilités diagnostiques et thérapeutiques vont croissant.

A la fin du module, les aspects communs à la prise en charge des maladies chroniques sont esquissés à l’occasion d’un enseignement multidisciplinaire.

M2.3 Maladies infectieuses, oncologie et hémato-oncologie

D’une durée de 4 semaines, ce module est connu sous le nom de « module de la mort ». Il requiert en tout cas le savoir acquis durant les modules B2.2 Sang, immunité, infection et B3.3 Inflammation, mais reprend de manière générale toute la matière de la 3e et la 4e année (cf. le cahier de module, avec les modules suivants en prérequis : B3.1, B3.2, B3.3, B3.4, B3.5, M1.1, M1.2, M1.3 et M2.2). Sans nul doute le module le plus vaste de toutes les études. La connaissance des bactéries et de leurs propriétés (Gram, localisation, résistances, etc.) ainsi que des différents cancers (solides et non-solides) et leur fonctionnement physiopathologique est essentielle pour aborder le module.

En partant de cette base, vous apprenez à différentier les stades et grades des cancers (TNM et autres), ainsi que d’aborder les types de traitements appropriés (chimiothérapie néo-/adjuvante, radiothérapie néo-/adjuvante, chirurgie, palliation). Vous approfondissez aussi vos connaissances sur les mécanismes et les stades précancéreux et cancéreux des cancers complexes, comme par exemple les cancers endocrinologiques, les myélomes multiples, plasmocytomes et autre gammapathies.

Du côté de l’infectiologie, vous apprendrez les bases de la thérapie antibiotique ciblée et empirique (beaucoup plus fréquente), par rapport aux diverses affections et conditions possibles. Par exemple, dans le cas d’une pneumonie, il faut déjà s’assurer que les symptômes et signes cliniques et paracliniques justifient l’initiation d’un traitement antibiotique. Il faut ensuite distinguer le traitement d’une pneumonie acquise à domicile de celui d’une pneumonie acquise à l’hôpital qui ne sont pas les mêmes. De plus, un patient immunocompétent ne sera pas traité de la même manière qu’un patient immunocompromis, et ce patient peut aussi avoir des allergies qui empêchent un traitement « classique » et oblige à prévoir des alternatives. Alternatives qui doivent aussi être prévues en cas de résistances des bactéries aux antibiotiques.

Outres cet exemple de la pneumonie, vous devrez apprendre aussi les divers traitements pour une infection du SNC, des os, des tissus mous, du cœur, etc. avec à chaque fois toutes les alternatives citées ci-dessus. Toutes ces alternatives doivent être connues de l’étudiant finaliste, qui en aura besoin durant ses stages et tout le long de sa carrière médicale (30% des patients à l’hôpital reçoivent une antibiothérapie, encore plus chez les gens âgés).

Malgré tout cela, le module est très bien construit, avec des supports de cours et d’apprentissage plus qu’adéquats. De plus, le cahier de module est particulièrement réussi, regroupant les objectifs à atteindre pour chaque heure d’enseignement.

M2.4 Cours cliniques généraux

D’une durée de 3 semaines, le module M2.4 est court mais intense et regroupe les matières suivantes: médecine légale, pharmacologie clinique, angiologie, chirurgie, radiologie interventionnelle, hématologie et hypertension.

Ce module vise d’abord à apporter une meilleure connaissance des pathologies vasculaires. Le diagnostic et la prise en charge des pathologies artérielles, veineuses et lymphatiques sont abordés ainsi que leur relevance en matière de santé publique. Le système cardio-vasculaire et vasculaire est ausculté de manière approfondie, autant du côté chirurgical et de radiologie interventionnelle que du côté médical sous la lumière de l’angiologie et de l’hématologie non-cancéreuse.

Les cours de médecine légale donnent les bases théoriques des sciences forensiques qui doivent être acquises pour la formation générale de médecine.

La pharmacologie clinique passe en revue les principes d’individualisation posologique, les interactions, les effets secondaires et les précautions d’emploi des médicaments pour une prescription efficace, rationnelle, ajustée, sûre et médicalement suivie.

Comme pour le module précédent, le cahier de module est très bien fait et donne des conseils utiles ainsi qu’une liste d’objectifs clairs.

M2.5 Généralisme II

Le module Généralisme II, d’une durée de 3 semaines, fait suite au module Généralisme I (M1.5). Il complète la formation prégraduée du généralisme qui est l’activité médicale basée sur la complémentarité entre l’expertise du médecin, la médecine fondée sur les preuves (evidence-based medicine – EBM), la physiopathologie et les valeurs du patient. Cette activité permet la gestion de la complexité de la pratique médicale ambulatoire et hospitalière de la médecine interne/générale. La base conceptuelle du module est le modèle bio-psycho-social.

Progression entre les 2 parties du module :

  • M 1.5 : Bases théoriques, connaissances factuelles et mise en situations simples
  • M 2.5 : Mise en situations complexes

Les deux modules sont évalués ensembles à la fin de l’année MMed2. Ils comprennent de la gériatrie (beaucoup de gériatrie) et divers cas cliniques. Les cours prennent souvent le nom des cas cliniques « typiques » retrouvés chez le praticien tels que « j’ai mal en urinant », « j’ai des vertiges », « j’ai mal au dos », « je suis fatigué ». En parallèle, il y a des cours beaucoup plus axés sur la clinique hospitalière avec l’intégration de diverses pathologies complexes comprenant la cardiologie, pneumologie, gastroentérologie, hématologie, néphrologie, immunologie, soins palliatifs et éthique. Les cours sont basés sur la présentation de cas cliniques complexes avec multiples comorbidités.

M2.6 Cours cliniques intégrés

Vous êtes enfin arrivés au dernier module de vos études ! D’une durée de 3 semaines, ce module contient des cours de chirurgie, transplantation, gynécologie-obstétrique, gastro-entérologie, oncologie médicale, pathologie, radio-oncologie, radiologie, psycho-oncologie, endocrinologie, antalgie, psychiatrie (addictions), urgences, immunologie et éthique, donnés à chaque fois par des spécialistes de chaque domaine. Continuant le mode d’enseignement de la deuxième année de master, les cours sont pour la plupart axés sur des cas « pratico-cliniques », qui servent de tremplins pour l’enseignement de plusieurs affections et de leur prise en charge. Les cours sont très souvent interactifs (zapettes).

De plus, vous apprendrez les concepts de « l’entretien motivationnel », sous la forme de deux après-midis d’enseignement en petits groupes.

Examens

Ecrits: rien de spécial à mentionner sur les QCM, vous connaissez la routine. Les questions sont toutefois presque uniquement sous forme de « vignettes cliniques », un peu comme pour l’examen fédéral.

Les questions « TCS » complètent les traditionnelles QCM durant l’examen du généralisme (I et II). Le principe des questions est très différent de l’habitude, dans le sens où il n’y a PAS une réponse juste, mais une appréciation du clinicien. Pour définir la réponse « juste », ces questions sont soumises aux chefs de clinique et assistants et leurs réponses définissent le résultat. La question est toujours posée sous la forme d’un scénario clinique, avec une première affirmation, puis un complément d’information.

Voici un exemple pour comprendre en quoi cela consiste :

Un jeune homme de 18 ans se plaint de forte fièvre, de dysphagie, de myalgie et de céphalées.

  • Si vous pensez à: une angine à streptocoques
  • Et qu’alors vous trouvez: une toux depuis 3 jours
  • L’effet sur l’hypothèse diagnostic est:
    • -2 : l’hypothèse est éliminée
    • -1 : l’hypothèse est moins probable
    • 0 : l’information n’a aucun effet sur l’hypothèse
    • +1 : l’hypothèse est plus probable
    • +2 : l’hypothèse est pratiquement certaine

Ici, la réponse « correcte » est -1, dans le sens où c’est celle qui a reçu le plus de votes des correcteurs, et c’est elle qui vous apportera le plus de points. Mais cela ne veut pas dire que les autres réponses ne vous amènent pas du tout de points (le processus de correction est mystérieux).

ECOS: le niveau monte d’un cran à cet ECOS. Effectivement, il est du niveau de l’ECOS fédéral et vous demande d’agir comme un assistant. Les postes pratiques sont plus longs (13 minutes) et on vous demandera d’effectuer diverses tâches, tels que des status cliniques, des anamnèses, des prises en charges, des annonces de mauvaises nouvelles, des entretiens motivationnels, des lectures d’ECG, des lectures de résultats de laboratoire et bien d’autres.

Contrairement aux précédents ECOS, on ne vous dit pas toujours exactement ce qu’on attend de vous. Très souvent la vignette clinique sur la porte dit « effectuez l’entretien de M. X » sans préciser s’il faut faire un status, une anamnèse ou les deux ! A vous d’évaluer selon les situations.

De plus, il peut vous arriver de devoir demander des examens paracliniques, un labo, une radio ou un ECG par exemple. Si votre demande est justifiée, vous recevrez plus d’information de la part de l’examinateur sous la forme d’un carton.

Toutes les matières peuvent être examinées, de la gynécologie à la cardiologie en passant par la pédiatrie, l’obstétrique, l’ORL, la dermatologie ou la psychiatrie. Soyez prêts !

Il y a en plus au moins 2 postes secs comportant un cas clinique de pathologie (p.ex : interprétation d’un rapport de pathologie) et un cas clinique de radiologie reprenant la matière enseignée de manières transversales depuis le module M2.1. D’autres postes secs sont possibles, tels que l’analyse de bruits cardiaques/pulmonaires, l’interprétation de tracés ECG/EEG etc.

Un feedback sur vos prestations vous sera envoyé par mail quelques semaines après l’examen. Il permet un retour plus précis et personnalisé que le « réussi/raté » traditionnellement donnée pour les ECOS.